Bien débuter et progresser en skateboard
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Figure emblématique du skate, le ollie n’est pas une figure très difficile lorsque cette dernière est bien décomposée et enchaînée avec le bon timing.

Inventée en street par Rodney Mullen en 1982 (et avant en rampe par Alan Gelfand en 1976), le ollie est une des premières figures que souhaite apprendre tout skateur une fois les rudiments acquis (tenir l’équilibre, avancer, tourner, s’arrêter).

Le mouvement du ollie

L’idée de base du ollie est simple : en tapant fort sur le tail, la planche rebondit à terre. Si le rider saute pile au bon moment, il va accompagner le mouvement vers le haut de son skate. En aidant la planche grâce à un grattement avec le pied avant, le skateur fait remonter le tail et colle la planche sous ses pieds.

La vidéo ci-dessous montre un ollie au ralenti (caméra 1000 images par seconde).

En détail ça donne :

  1. Les pieds doivent être bien placés. Pied avant au 2/3 de la planche (on voit les vis de devant). Pied arrière sur le tail, talon en dehors de la planche. Les pieds sont presque parallèles.
  2. Flexion rapide. Il faut fléchir rapidement les jambes (ne pas aller jusqu’à la position accroupis ni rester dans cette position).
  3. Poper. Le pied arrière claque fort le tail qui doit frapper le sol avec vigueur. La planche ainsi sollicitée monte en décollant d’abord les roues avant puis les roues arrières. C’est le POP, l’étape clé du mouvement.
  4. Sauter. La planche veut sauter, il faut la laisser faire et l’accompagner en se propulsant en l’air. Les genoux se fléchissent et le rider saute (l’étape 2 consistait à réaliser une flexion, l’étape 4 consiste à finaliser le mouvement et réaliser une extension : dit autrement, le ressort précédemment bandé se libère). C’est l’étape la plus difficile au niveau timing.
  5. Gratter le pied avant. La planche est désormais en l’air avec un angle important. Le skateur est en extension. Il faut accompagner la board, plier légèrement le pied avant et insuffler à la planche un mouvement vers le haut ET vers l’avant. C’est le pied avant qui réalise cette étape en frottant le grip (c’est pour cela que les chaussures de skate s’abîment).
  6. Stabiliser. Le pied arrière continue de se lever, le pied avant commence à se tendre légèrement de façon à avori un skate à l’horizontal. La planche « colle » au skateur.
  7. Redescendre et amortir. Les pieds sont bien à plat sur la planche qui redescend. Le skateur encaisse le choc en tendant légèrement les pied puis amortit le tout en fléchissant un peu les pieds. Retour ensuite à la position normale.

La planche est importante pour faire un bon ollie

Étant donné que le tail claque fort le sol, il faut que la planche soit suffisamment nerveuse pour transmettre l’impulsion du tail au reste de la planche : c’est le fameux pop qui caractérise les planches neuves et en bon état. C’est aussi pour cette raison qu’il est difficile d’apprendre le ollie avec des planches molles ou inadaptées (longboard, cruiser…).

Le truc pour faire de bons ollies

Il y a une seule chose à retenir lorsque l’on fait un ollie : tout est dans le timing et la finesse d’exécution. Et enchaîner toutes les étapes du mouvement en quelques dixièmes de secondes ne s’apprend pas instantanément. Il faut répéter des centaines de fois le mouvement afin de le rendre naturel et de ne plus avoir à penser aux différents gestes.

Erreurs classiques du ollie

  • Mauvaise position des pieds. Même s’il n’y a pas de position imposée pour faire un bon ollie, le skateur doit être à l’aise. La position des pieds pour le ollie permet-elle d’être stable, de pouvoir tourner ou d’absorber un petit trous dans le sol ? Si oui, c’est OK. Sinon, il faut revoir la position des pieds sous peine de ne jamais pouvoir faire de ollie avec de la vitesse.
  • Trop accroupi. Le principe du ollie est de faire une flexion – extension. À aucun moment, le rider doit rester figé dans une position (et surtout pas accroupi).
  • Trop raide. C’est au skateur de suivre le mouvement de la planche. Pas l’inverse. Le corps dans son entier et les jambes en particulier doivent accompagner le pop. Lorsque c’est bien fait, la planche semble « coller » au skateur.

Quelques astuces supplémentaires pour débuter avec le ollie

  • Essayer de faire des ollies sans trucks : afin de bien appréhender le pop.
  • Resserrer ses trucks : pour simplifier le mouvement.
  • Essayer de faire des ollies dans l’herbe : cela permet de mieux gérer l’instabilité des roues et limite les risques de chutes.
  • Apprendre à faire claquer le tail : Les pieds par terre, la planche devant soi. Mettre le pied arrière sur le tail et donner un coup sec. La planche doit se soulever et le tail décoller du sol. C’est le pop.
  • Se tenir dans un coin (par exemple au sommet d’un module contre la rembarde) et faire le ollie. Les bras permettent de tricher et de se concentrer uniquement sur le travail du pop et des pieds.

Les variations du ollie

Une fois que le ollie est maîtrisé, il est possible (et même conseillé) d’apprendre ses variantes :

  • Avec de la vitesse (de plus en plus)
  • Avec des obstacles (en hauteur, en longueur, en dénivelé…)
  • Avec des rotations de corps (180, 360…) ou uniquement de planche (figures à base de flip ou de varial)
  • Avec des positions de pied différentes : marche avant, marche arrière, positions de pieds classique ou inversées (switch)

Quelques records de ollie

  • Le plus haut ollie est attribué à Aldrin Garcia avec 114,3cm de haut.
  • Le plus haut ollie en switch est attribué à Gavin Caperton avec 101,92cm de haut.

Voir des explications plus poussées sur la physique du ollie ici (en anglais mais avec des images)

Photo : MrWynd