Bien débuter et progresser en skateboard
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Rien n’est moins linéaire que la progression en skateboard. Et cela est rebutant lorsque l’on commence.

Premiers jours de skate : c’est la galère mais c’est fun

Au tout premiers jours de pratique, le nouveau skateur est souvent envahi de sentiments ambivalents : la joie de commencer une nouvelle pratique, l’appréhension de tomber, l’excitation de rentrer de premières figures… et surtout la douleur des premières chutes. Tout cela est normal et fait partie de l’apprentissage difficile de la pratique du skateboard.

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Premières semaines : prise de confiance

Après plusieurs semaines, le skateur sait avancer (bon ce n’est pas encore tip top), tourner, freiner et réaliser quelques figures simples (aller au skatepark et monter sur les modules, faire quelques figures de flat, commencer les sauts…).

Cette période est souvent plaisante car le skater sent qu’il progresse et voit ses aptitudes skateboardistiques se développer et s’affiner de jour en jour.

Premiers mois : des hauts et des bas

Au fil des semaines puis des mois, le (plus si nouveau) skateur découvre que son niveau fait le yo-yo. Un jour les figures rentrent et le lendemain plus rien ne va. Si l’on ajoute à cela les pauses (causées par les études, la mauvaise météo, les empêchements divers…) le skateur se rend compte que ses acquis ne sont pas si solides que ça. Il se remet en cause, commence à douter et se rend compte qu’aucune figure ne rentre à 100%. Jamais.

C’est aussi l’époque ou le skateur remet en cause le matériel. Excuse facile et bien souvent faussée : si ça ne marche pas, c’est rarement à cause de la planche, des roues, des shoes

Pour ma part, j’ai commencé la mini rampe dès le premier jour. À la fin de la journée, je savais descendre. Pourtant, je suis tombé la dernière fois en droppant plus de 5 ans après ma première réussite (rien n’est jamais acquis…).

Premières années : quelle figure travailler ?

Avec la pratique, le skateur réalise de plus en plus de figures et comme ces dernières sont exponentielles (on peut tout combiner – spots / switch / tricks en entrée / tricks en sortie), le principal souci du skateur devient donc : mais quelle figure tenter aujourd’hui ? C’est un choix très agréable qui révèle toutes les possibilités qu’offre le skateboard et qui entretient la motivation sans jamais entraîner de lassitude. En skate, il y a toujours quelque chose de nouveau à tenter.

Par contre, comme il est difficile de maîtriser une figure et que le skateur en connaît de plus en plus, il faut faire des choix. Une figure non travaillée est une figure que l’on risque de perdre ou pire d’oublier que l’on savait la faire. Cela m’est arrivé plusieurs fois…

Pourquoi c’est dur de progresser en skateboard ?

La persévérance est fondamentale en skateboard. La vitesse, l’équilibre, les sauts et les slides sont une combinaison très subtile de tout en tas de paramètres et il est normal que les échecs soient plus nombreux que les réussites.

Alors il faut juste être humble et accepter que certains jours la progression est au rendez-vous et que d’autres jours, et bien ça ne veut pas.

Les sportifs de haut niveau (pas dans le skate) disent qu’un jour de perdu nécessite une semaine pour retrouver le niveau de performance atteint. Qu’une semaine de perdu nécessite un mois et qu’un mois de perdu (blessure) n’est pas récupérable. Sans aller dans ces extrêmes (le skate est un loisir avant tout), on observe la même chose en skateboard : une figure que l’on ne travaille pas se perd petit à petit soit au niveau de la technique de réalisation soit au niveau de la sensation.

Mais le skateur observe parfois l’inverse. En travaillant de nouvelles figures, il progresse aussi sur des tricks qui le bloquaient auparavant. Travailler le nose wheeling permet d’être meilleur en nose grind par exemple.

Il ne faut donc pas espérer aligner les figures dans son répertoires de tricks et les afficher comme des trophées immuables.  Les tricks acquis peuvent partir ou se renforcer et c’est uniquement la pratique qui permet de consolider le tout.

Mais le plus important est encore de se faire plaisir… alors bon skate sans prise de tête !

Photo  : Flickr