Bien débuter et progresser en skateboard
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En skateboard, deux figures bien difficiles sont le « hard flip » et le « impossible ». Ce sont de vrais noms de figures mais ce ne sont pas pour autant les figures les plus difficiles car il n’existe pas de figure « la plus difficile ». Le skateboard permet de réaliser des combinaisons de tricks de façon infinie. Suivant les habitudes et les capacités de chaque skateur, la notion de « difficile » est très variable. Et pas seulement en fonction du nombre d’années de skate.

skateur sur set de marches

Une figure certainement très dure mais pas pour ce streeteur

Qu’est-ce qu’une figure difficile en skate ?

Par exemple, ce qui fait qu’une figure est difficile c’est :

  • La vitesse : à l’arrêt, en roulant, à pleine vitesse. En simple ollie en roulant à fond n’est pas anodin même pour un pratiquant qui a de l’expérience. La majorité des figures est plus difficile à faire avec de la vitesse. Pour certains tricks requérant de l’équilibre tel que les slides, c’est l’inverse : sans vitesse, c’est bien plus dur.
  • La hauteur et le vide : entre faire un trick sur un petit module et sur une big rampe, il n’y a pas beaucoup de différences techniques. Par contre, dans la tête, ça n’a plus rien à voir. Idem entre un petit saut de trottoir et un gros gap.
  • Le seuil : un ollie est une figure facile. Un ollie à sa hauteur maximale est difficile. Le seuil, c’est le moment ou le skateur est à sa limite.
  • L’engagement : il existe certaines figures qui ne peuvent être rentrées que si le skateur y va franchement. Il y a souvent du danger et des risques de blessure à la clé. Par exemple, c’est lors d’un slide sur des marches, un gros gap (le leap of faith de Jamie Thomas ou les sauts de marche d’Ali Boulala à Lyon), ou encore une grosse rotation en rampe (le backflip de Rob Sluggo Boyce).
  • Le contexte du spot : certains sont boostés lorsqu’ils skatent en contest ou devant un public de passant. D’autres sont tétanisés. Autre variation : le spot en lui-même est-il connu, dangereux, interdit…
  • Le spot : Dropper d’un hélico, sauter par dessus la muraille de Chine, c’est dur ? Certainement, mais ça nécessite surtout un portefeuille bien garni. Celui de Danny Way et de DcShoe à l’époque a permis de réaliser de très belle images et de plaquer des figures impressionnantes.
  • La créativité : inventer une nouvelle figure c’est une autre sorte de difficulté. Et en skate, il y a de quoi innover !
  • L’équilibre : surtout lorsqu’il faut gérer l’équilibre sur la longueur. En simple slide ou grind devient de plus en plus difficile au fil des mètres.
  • Le style de pratique du skateur : un skateur de rampe trouvera facile de faire des airs alors qu’un streeteur considérera comme basique de savoir faire un nollie flip. La difficulté dépend aussi de ses habitudes et spots préférés.
  • La technicité de la figure : évidemment toutes les figures ne se valent pas. Plus ça tourne (avec ou sans le skate), plus la figure est difficile. Plus il faut enchaîner de combinaisons, plus c’est difficile.

Et plus on combine les points listés ci-dessus, plus on obtient une figure vraiment difficile.

La technique d’accord mais pas que

Enfin, il ne faut pas oublier que la technicité contribue à la difficulté mais que le skate c’est aussi le style et le plaisir : plaquer un trick super dur mais vilain comme tout mérite-t-il vraiment l’énergie dépensée ?

Certains skateurs sont très techniques mais pas forcément appréciés. C’est le cas de Rodney Mullen par exemple qui skate en freestyle et qui est vu comme un OVNI par la majorité des skateurs. Du côté des skateurs techniques, il y a l’incontournable Daewon Song qui réalise des figures incroyables à base de combinaisons de figures simples. Ses détracteurs lui reprochent de ne skater que des trottoirs… Et puis, il y a d’autres skateurs ont des figures atypiques et moins techniques mais qui plaisent mieux. Je pense à Louis Barletta par exemple. Bref, tout ça pour dire que la technique, c’est bien mais que ce n’est pas une fin en soi.

 

C’est toujours très agréable de progresser et repousser ses limites mais s’amuser avec des figures qui rentrent à tous les coups, qui font plaisir à faire et qui sont belles à voir est aussi très bien. Dans les compétitions, les best tricks ne sont pas forcément remportés par les figures les plus difficiles, une figure avec style, amplitude et vitesse a souvent toutes ses chances…

Photo : Hector Bermudez